« Certains ne deviennent jamais fous… leurs vies doivent être bien ennuyeuses. » Charles Bukowski

Partir à l’aventure

Le printemps est là, les beaux jours sont arrivés. J’ai qu’une seule envie : Partir !

Je n’avais pas de destination prédéfinie. Je m’informe sur le lac de Serre-Ponçon et ses alentours. Mon choix était fait.

Après avoir rassemblé mes affaires la veille, acheter de la nourriture et quelques bricoles, je charge mon Kangoo avec une grande excitation. Cette aventure allait être différente des autres que j’ai pu faire. Cette fois-ci je vais tenter une nouvelle expérience !

Lundi 21 avril 2025 :

Réveil. On charge les dernières affaires et c’est parti pour 200km.

J’arrive au premier point de mon circuit : le parking des Fermonds. Je voulais découvrir la cascade de la pisse (sympatoche le nom..) et le refuge du Tourond.

Les panneaux indiquent 1h de marche jusqu’au refuge et 30min de plus pour la cascade.

Je m’équipe de mon sac à dos avec mon pique-nique et la laisse d’Ounie et nous commençons la randonnée. Très vite sur le chemin, je rencontre d’autres randonneurs avec qui j’entame la conversation. Ounie se lie d’amitié avec une jeune épagneul breton.

Il y a des passages où il faut enjamber le cours d’eau, mais la randonnée est relativement facile avec de magnifiques paysages tout le long.

Une heure plus tard, j’arrive au refuge du Tourond. Je fais une pause pour manger mon pique-nique et donner à boire à Nini.

Un guide m’informe qu’il y a un ou plusieurs troupeaux de bouquetins derrière le refuge et plus loin en direction de la cascade. Je décide donc de ne pas aller jusqu’au bout de la randonnée. Avant de rebrousser chemin, j’attache Ounie à un poteau pour ne pas qu’elle me suive et je pars rapidement observer les bouquetins non loin de là.

Et je ne vais pas être déçue, le spectacle est incroyable.

Je peux tout de même apercevoir la cascade de la pisse au loin.

On redescend tranquillement avec quelques petites pauses supplémentaires.

Cette randonnée était une belle trouvaille :

Puis direction ⮕ l’expérience tant attendue !

J’arrive sur le parking du col de Moissière. Je charge mon sac pour la nuit et nous marchons une bonne trentaine de minute avant d’atteindre notre objectif : La cabane de Faudon, située à 1 683m d’altitude.

Je suis habituée à dormir en tente ou dans ma voiture et je voulais dormir en refuge mais je n’avais pas encore le courage pour le faire toute seule. Je me suis donc achetée un livre pour me renseigner et sur les conseils et le soutien de mon amie Mathilde (qui adore les randonnées et dormir dans ce genre d’endroits), j’ai pu programmer ma première nuit en cabane.

Je suis donc arrivée à la cabane de Faudon pour ma première nuit en refuge non gardé !

L’intérieur de la bâtisse était composée de deux lits superposés, de matelas, de couvertures, d’une table avec des bancs, d’un poêle avec du bois, d’une scie et d’une étagère avec quelques bricoles (bougies, éco-cup…).

Je décharge mes affaires, prépare mon lit pour la nuit et je pars couper du bois pour allumer le poêle.

Une fois bien installée, je donne la ration du soir à Ounie et moi je me repose avec une bière, des chips et mon livre « Kilomètre zéro ». J’ai pu prendre mon dîner face à une vue époustouflante. Plus tard dans la soirée, un joli coucher de soleil s’offre à moi.

Mardi 22 avril 2025 :

Bien évidemment c’était une toute première expérience pour moi, je n’étais pas rassurée mais j’ai pu dormir un peu.

Je suis montée pour admirer le lever du soleil sur l’Arche et l’Aiguille. Après avoir rassemblé mes affaires, mon aventure continue.

Direction le lac de Saint-Apollinaire.

C’est un tout petit lac avec un circuit de 280m accessible à tous. Il est très mignon et reposant. Il y a des toilettes et des tables de pique-niques à disposition.

Ensuite, nous reprenons la voiture pour aller à l’ancien viaduc ferroviaire de Chanteloube.

Pour la petite histoire : La construction du viaduc a débuté en 1909 pour relier Gap à Barcelonnette par le rail mais ce projet ambitieux va brusquement s’interrompt en 1935 et ne verra jamais le moindre train. Lorsque le barrage de Serre-Ponçon est mis en service en 1961, le viaduc se retrouve alors englouti.

Au fil des saisons, le viaduc de Chanteloube dévoile peu à peu ses arches lorsque le niveau du lac baisse et se retrouve sous l’eau une fois le niveau remonté.

Quand j’y suis allé, le viaduc était totalement sorti de l’eau, laissant le passage pour la traversée.

Et voici une photo tirée d’internet montrant le viaduc submergé :

J’aime beaucoup visiter des endroits remplis d’histoires captivantes.

Il était midi passé, je cherche un endroit où me poser pour manger. Je trouve le parking en haut du barrage du lac. Un endroit parfait !

Pour l’histoire du barrage du lac de Serre-Ponçon : Après cinq années de construction, les travaux s’achèvent en juin 1960. Sa construction a réuni 3 000 ouvriers qui devaient creuser des galeries, reconstruire des routes, ponts, voies de chemins de fer… Le barrage bat des records notamment celui du plus grand barrage en terre d’Europe : 123m de haut, 600m de large, une épaisseur de 650m à la base et de 9m au sommet. C’est aussi le deuxième plus grand lac artificiel d’Europe (après le lac du Der) et une centrale hydraulique la plus puissante de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Je gare donc ma voiture sur le parking, j’installe ma table, ma chaise et je commence mon repas composé de salade de lentilles froides, pain, jambon végétal. Je me rend compte que j’ai perdu ma montre (surement à la cabane ce matin).

Quelques minutes après, un van rouge et blanc se gare près de moi, Philippe, 54 ans en sort, on commence une discussion et me demande si ça me dérange s’il s’installe avec moi pour manger.

J’adore ses rencontres imprévues, on a tellement à partager avec les autres.

Une fois le repas fini, je range tout et pars pour la randonnée du belvédère du Ruban. Je gare ma voiture en bordure de chemin dans une forêt et commence à marcher (environ 2h aller-retour).

Les 30 dernières minutes grimpent un peu. On croise quelques cyclistes également. On arrive enfin au belvédère, la vue en vaut vraiment le détour !

Il y a des panneaux pour situer les sommets :

Une fois redescendue à la voiture, je me dirige vers la cabane de cette nuit : la cabane des vignasses (860m d’altitude, 8 places)

Il n’était pas loin de 17h quand mon père m’appelle pour me prévenir que quelqu’un avait récupéré ma montre (c’est une montre connectée, le monsieur a réussi à trouver les numéros de mes parents). J’appelle cette personne et il me dit qu’il se trouve à 45min de ma position.

Les voyages ont toujours des imprévus et celui-ci en fait partie. Je décide donc de laisser tomber la cabane pour ce soir et pris la route pour rejoindre Thierry, guide touristique qui a retrouvé ma montre.

Je récupère ma montre et le remercie puis j’installe mon Kangoo pour la nuit, à quelques kilomètres d’Ancelle, dans un chemin.

Ounie était complètement claquée, elle dormit dans l’herbe pendant que je mangeais ma raclette grâce à mon appareil de voyage, chauffant à la bougie.

L’endroit est calme avec peu de passage de voiture, une bonne nuit s’annonce.

Mercredi 23 avril 2025 :

Début de la journée avec la visite du Sanctuaire Notre-Dame de la Salette (alt 1769 m). La visite est libre et gratuite. Les chiens sont autorisés à l’extérieur du bâtiment mais pas à l’intérieur.

Situé sur une corniche et datant de 1879, le Sanctuaire attire chaque année de nombreux pèlerins. C’est le second grand pèlerinage en France après Lourdes. La chapelle de l’Assomption a été le premier édifice du Sanctuaire. Elle fut construite en 1853.

Vous pouvez y trouver une basilique, un cimetière des pères, des chapelles, plusieurs statues mais aussi un restaurant, l’hôtellerie, une boutique souvenir et des toilettes.

C’est un lieu magique, que vous soyez croyant ou non, vous retrouverez une énergie.

Moi qui adore les orgues, c’est la première fois que j’en vois un d’aussi près, avec mêmes des inscriptions sur les pédales.

Puis je devais poursuivre mon voyage avec la visite du lac bleu, lac de buclet, le lac lauvitel et la cascade de la lavey. Mais après une heure de route, la départementale 526 était complétement fermée. Encore un imprévu… J’étais un peu dégoutée et surtout j’ai dû faire demi-tour et le chemin inverse.

Pour me réconforter je me suis arrêtée dans la ville de La Mure pour le midi. Je trouve le restaurant « Le Mélézein » qui avait plus qu’une table dehors au soleil. Parfait.

J’ai pris une aumônière de chèvre chaud, miel et pignon de pin à 14€ + un dessert avec un coulant au chocolat et crème anglaise à 9€. Les serveuses ont été très gentilles, elles ont apporté un bol d’eau pour Nini. Je recommande ce restaurant !

Nous étions proches du prochain point de notre circuit. Direction la passerelle du Drac.

Inaugurée en août 2007, la passerelle himalayenne franchit le Drac peu avant le lac de Monteynard-Avignonet. Elle fait 220m de long et 1,20m de large. Selon la montée des eaux, la hauteur peut atteindre de 45 à 85m. En cette période de l’année, il n’y avait presque personne sur le chemin à pied ainsi que sur le pont suspendu !

La prochaine visite n’était pas prévue au programme mais l’aventure est faite d’imprévus ! Alors c’est parti.

Après 10min de marche, nous voilà à la fontaine ardente. Elle fait partie des Sept Merveilles du Dauphiné. Il s’agit d’une émanation de méthane prisonnier des couches sédimentaires de l’ère secondaire produisant un phénomène également appelé feu follet.

Je reprend la voiture et me gare au parking des Bordeaux. Je m’équipe de mon sac à dos chargé pour la nuit et je pars en randonnée d’une heure sous la pluie pour atteindre la baraque des clos (alt 1 557m).

J’aperçois enfin la cabane et je vois de la fumée sortir de la cheminée. Soulagée que quelqu’un avait allumé le poêle. J’étais trempée.

J’ouvre la porte et un belge m’accueille. Il était déjà installé. On parle et me confie avoir fait 27km de marche aujourd’hui. Il a aussi un chien qu’il n’a pas pris avec lui, un dalmatien.

Une heure après mon arrivée, c’est au tour de trois jeunes avec un chien de pousser la porte. Dehors, il pleuvait des cordes.

On mange tous ensemble, c’est un moment convivial. Les jeunes garçons faisaient une petite randonnée aller-retour avec nuit en refuge et avaient ramené beaucoup à manger : du saucisson, de l’avocat, des oeufs, du pain, du fromage et même du poulet qu’ils faisaient cuire sur le poêle grâce à une grille.

Je dors sur un banc au rez-de-chaussée pour être à côté du poêle (frileuse que je suis). Les quatre garçons sont partis dormir à l’étage. Plusieurs minutes après, le propriétaire du chien entend ses couinements et décide de dormir sur le 2ème banc.

J’aurais pu passer une nuit convenable mais c’était sans compter l’aide de Nini qui avait absolument voulu dormir avec moi. Je ne sais pas si elle avait peur ou froid (je lui avais mis son pull) mais c’était atroce. Déjà sur le banc ce n’est pas franchement confortable mais avec un sac de sable de 19 kg c’est encore pire. J’ai essayé de la mettre sur mon dos, mon ventre, entre mes jambes mais rien n’y fait. Je la descendais, une demie-heure après elle revenait. En tout j’ai dû dormir 2h. J’ai deviné que mon voisin de banc a lui aussi passé une mauvaise nuit avec la lumière de son téléphone allumée plusieurs fois.

Jeudi 24 avril 2025 :

Le belge s’est levé tôt pour partir. Je me suis levée en même temps que lui pour profiter du lever de soleil. Une vue magnifique au-dessus des nuages.

J’avais repéré une randonnée de 2h38 pour aller au lac de la grande moucherolle mais le temps n’était pas avec moi. Il continuait de pleuvoir à fines gouttes et le sommet des montagnes était dans le brouillard. J’ai décidé de ne pas tenter la rando et je suis redescendue à la voiture.

Je fais un rapide tour au Grand lac de Laffrey mais n’ayant pas eu de coup de cœur, je me dirige sur le parking du domaine skiable de Lans-en-Vercors pour une randonnée jusqu’au belvédère Vertiges des Cimes. Sur le chemin, on croise plusieurs zones de tranquillité du tétras-lyre. Une fois arrivée là-haut, la vue sur Grenoble et ses alentours est splendide. Je prends une petite pause pique-nique avant de repartir.

Une fois à la voiture, je roule dans les hauteurs de Grenoble et arrive sur le parking du glacis. Je fais une sieste de 2h. J’enchaîne avec la visite des Grottes de Mandrin.

Elles ont été construites en 1845 et étaient destinées à prendre en revers des ennemis qui avanceraient sur le glacis du donjon de la Bastille.

La visite est libre et gratuite.

Je finis la journée où je rejoins Romain au bar « Le Minimistan ». Il y a une ambiance cocooning et chaleureux, un vrai coup de cœur pour cet endroit. Nos discussions avec Romain ont été profondes et agréables, merci pour ce moment passé avec toi (oui je sais que tu liras ça !).

Photo tirée de Google

En reprenant la route pour rentrer chez moi, à peine sortie de la ville, je vois une fille en train de faire du stop. Je l’ai prise à bord de mon super bolide : enchantée Noah. On a beaucoup parlée, nos conversations étaient très enrichissantes et plaisantes. J’ai rencontrée une fille qui voulait faire le tour du monde en stop, une fille qui n’avait peur de rien, qui aimait son corps et voulait danser avec le plus de monde possible. J’ai rencontré une chouette fille !

Je ne pouvais pas mieux finir ce voyage qu’avec deux personnes qui me comprennent et profitent eux aussi de la beauté de la vie (je dois vous avouer qu’en me réveillant le lendemain, j’ai eu une petite larme à l’œil, pas de tristesse mais plus de « Merci la vie ». J’ai eu la chance de passer un peu de mon temps avec des personnes formidables auxquelles j’ai pu échanger les mêmes points de vue que moi. Alors même si, je ne vais peut-être plus jamais recroiser leur chemin, je suis très reconnaissante de les avoir rencontrés).

Mon périple touche à sa fin, c’était quatre jours intenses remplis de rencontres et de nouvelles expériences (et merci Mathilde pour ton soutien). Je ne retiens que le positif (en plus j’ai retrouvé ma montre) et je suis prête à repartir à l’aventure et l’expérience dormir en cabane autant de fois que possible !

Et vous, avez-vous déjà dormi en cabane ?